L’idée de rémunérer les ingénieurs en jetons d’IA, en plus de leur salaire, des actions et des primes, est en train de gagner en popularité dans la vallée de la Silicon. Les jetons d’IA sont les unités de calcul qui alimentent les outils tels que Claude, ChatGPT et Gemini, et permettent aux ingénieurs de réaliser des tâches automatisées, de faire tourner des agents et de traiter des codes. L’objectif est de rendre les ingénieurs plus productifs et de les récompenser en conséquence.
## L’origine de l’idée
L’idée de rémunérer les ingénieurs en jetons d’IA n’est pas nouvelle, mais elle a gagné en visibilité récemment, notamment grâce à Jensen Huang, le PDG de Nvidia, qui a évoqué cette possibilité lors de la conférence annuelle de l’entreprise. Tomasz Tunguz, un investisseur en capital-risque de la baie de San Francisco, a également discuté de cette idée dans un article récent, en soulignant que les startups technologiques commençaient déjà à ajouter les coûts d’inférence aux salaires des ingénieurs. Selon lui, un ingénieur logiciel de haut niveau pourrait gagner jusqu’à 375 000 dollars par an, auxquels s’ajouteraient 100 000 dollars en jetons d’IA, ce qui porterait son salaire total à 475 000 dollars.
## Les conséquences pratiques
La consommation de jetons d’IA a explosé récemment, notamment avec la sortie d’OpenClaw, un assistant d’IA open source conçu pour fonctionner en continu. Les ingénieurs peuvent désormais consommer des millions de jetons d’IA par jour, sans même avoir à taper un mot. Cela a conduit à l’émergence d’une nouvelle tendance, appelée « tokenmaxxing », où les ingénieurs se concurrencent pour voir qui peut consommer le plus de jetons d’IA. Les entreprises commencent également à offrir des budgets de jetons d’IA généreux comme avantage pour leurs employés, ce qui pourrait devenir une nouvelle norme dans l’industrie.
## Les implications pour les ingénieurs
Si l’idée de rémunérer les ingénieurs en jetons d’IA peut sembler attractive, elle soulève également des questions importantes sur la sécurité de l’emploi et la valeur réelle de ces jetons. Les ingénieurs qui reçoivent des jetons d’IA comme partie de leur salaire pourraient se voir imposer des attentes plus élevées en termes de productivité, ce qui pourrait les mettre sous pression pour produire plus. De plus, les jetons d’IA ne sont pas une forme de rémunération conventionnelle, car ils ne sont pas soumis aux mêmes règles que les salaires ou les actions. Les entreprises pourraient utiliser les jetons d’IA pour gonfler la valeur apparente d’un paquet de rémunération sans augmenter le salaire ou les actions, ce qui pourrait être avantageux pour l’entreprise, mais pas nécessairement pour l’ingénieur. Les ingénieurs devraient donc être prudents et bien comprendre les implications de cette nouvelle tendance avant de l’adopter.