Lors d’une soirée au Webster Hall, le maire de New York Zohran Mamdani, accompagné de l’activiste et humoriste Ilana Glazer, a lancé un appel clair : la ville ne doit pas accepter passivement l’arrivée massive de l’intelligence artificielle. Dans le cadre de la « People’s AI Assembly » organisée par l’AI Now Institute, le premier a souligné l’absence de cadre fédéral et a présenté plusieurs initiatives locales visant à protéger les citoyens.
Le maire de New York appelle à la résistance face à l’IA
Selon Mamdani, la perception que l’IA est inévitable – qu’elle finira par prendre les emplois, influencer les jeunes esprits et menacer la dignité humaine – doit être contestée. « Rien n’est imposé, tout peut être remis en question », a-t-il déclaré, insistant sur le fait que la technologie ne doit pas être adoptée sans réflexion. Il a rappelé que la rapidité du déploiement de l’IA est le résultat de décisions politiques et commerciales, et non d’une fatalité technologique.
Des mesures locales contre l’IA dans l’éducation et l’immobilier
Le maire a rappelé deux actions concrètes déjà prises par son administration. En premier lieu, il a imposé l’interdiction de l’usage de l’IA dans les écoles primaires et intermédiaires de la ville. Cette décision, prise le mois dernier, répond aux inquiétudes de parents comme Ilana Glazer, qui a exprimé son malaise face à l’introduction de ces outils dans les salles de classe, les qualifiant de « non consensuels ».
Ensuite, Mamdani a présenté une nouvelle réglementation visant les annonces immobilières. Les propriétaires, agents et plateformes devront désormais indiquer clairement lorsqu’une photo ou une vidéo d’un bien a été générée ou retouchée à l’aide de l’IA. Cette mesure vise à éviter le phénomène de « house‑phishing », où des images trompeuses pourraient induire les acheteurs en erreur.
Un vide réglementaire fédéral et les enjeux nationaux
Le maire a critiqué ce qu’il qualifie de « complète abdication » du gouvernement fédéral en matière d’IA. Il a souligné que le débat national se concentre souvent sur une course aux armements technologiques avec la Chine, reléguant les préoccupations humaines au second plan. Cette approche, selon lui, sert à éviter toute forme de responsabilité, tout en protégeant les valorisations boursières des géants du secteur.
Il a rappelé le rôle controversé du Pentagone dans l’utilisation de l’IA, citant l’attaque de février contre une école en Iran où l’IA aurait contribué à la sélection des cibles, entraînant la mort de plus de 150 personnes, dont 123 enfants. Cette tragédie illustre les dangers d’une adoption précipitée sans évaluation des limites technologiques.
Au niveau fédéral, le « Superintelligence Task Force » instauré sous l’administration précédente privilégie l’autorégulation des grandes entreprises, laissant peu de place à une législation contraignante. Mamdani a rappelé que des lanceurs d’alerte de sociétés comme Anthropic, Google DeepMind et OpenAI ont mis en garde contre des scénarios d’extinction humaine liés à l’IA, renforçant l’urgence d’un cadre légal robuste.
Perspectives pour l’avenir
- Responsabilité locale : New York montre qu’une ville peut agir de façon proactive, en interdisant l’IA dans les écoles et en imposant la transparence dans l’immobilier.
- Pression sur le gouvernement fédéral : Les initiatives locales pourraient inciter le Congrès à élaborer des lois nationales, en s’appuyant sur les retours d’expérience des municipalités.
- Débat public : En impliquant des personnalités publiques comme Ilana Glazer, le maire cherche à sensibiliser le grand public aux enjeux éthiques et sociétaux de l’IA.
En conclusion, le message de Mamdani est clair : l’intelligence artificielle ne doit pas être perçue comme une force imparable. Les autorités locales, les citoyens et les entreprises doivent collaborer pour instaurer des garde‑fous, garantir la transparence et protéger les droits fondamentaux. Alors que le débat national reste dominé par des considérations économiques et géopolitiques, l’exemple de New York pourrait servir de modèle pour d’autres villes américaines et internationales désireuses de reprendre le contrôle sur le développement de l’IA.