Vol de tokens Claude d’Anthropic : comment les hackers exploitent les sessions IA et quelles leçons en tirer en 2026

Introduction : Au cœur du Disrupt 2026, plusieurs géants de l’intelligence artificielle – OpenAI, Anthropic, Replit et d’autres – dévoilent leurs dernières innovations. Mais pendant que les start‑ups se préparent à présenter leurs solutions, un problème de sécurité majeur a émergé chez Anthropic : des utilisateurs signalent une consommation de tokens Claude inexplicable, révélant un vol de sessions via des logiciels malveillants. Cet article décortique le phénomène, analyse les vecteurs d’attaque et examine les réponses d’Anthropic ainsi que les impacts pour les professionnels qui s’appuient sur les agents IA.

Une hausse inexpliquée de la consommation de tokens : le cas de Grant De Swardt

Le 4 août, Grant De Swardt, consultant indépendant en IA basé à East Sussex, a remarqué une augmentation soudaine de l’usage de son compte Claude Max 20x. Sans travailler ce jour‑là, son compteur de tokens est passé de 45 % à 55 % alors même que toutes les tâches planifiées étaient désactivées et que les exécutions cloud étaient suspendues. Après avoir tenté de reproduire la situation en désactivant chaque composant relié à Claude, il a constaté que la consommation continuait à grimper.

Face à l’impasse, De Swardt a contacté le support d’Anthropic, qui n’a pas pu fournir de relevé détaillé de l’utilisation, mais a reconnu une anomalie. La société a alors suspendu le compte, invalidé toutes les sessions et les tokens OAuth associés, et remboursé partiellement le mois en cours (44,49 £ sur un abonnement de 200 $). Cette suspension a eu des répercussions importantes : De Swardt dépendait de Claude pour automatiser la saisie de bons de commande, la gestion de la comptabilité et même la création de sites web pour ses clients. Le blocage de son accès a interrompu son activité, soulignant la dépendance croissante des PME aux agents IA.

En partageant son expérience sur Reddit, De Swardt a découvert que son problème n’était pas isolé. D’autres utilisateurs ont signalé des augmentations brutales de consommation – parfois de 0 % à 100 % en quelques minutes – sans aucune interaction avec le modèle. Certains ont même vu leurs quotas épuisés quotidiennement pendant plusieurs jours. Ces témoignages ont conduit à la création de rapports GitHub et à la diffusion d’emails d’avertissement d’Anthropic, confirmant l’existence d’un acteur malveillant ciblant les comptes Claude.

Mécanismes de l’attaque : infostealers et usurpation de sessions Claude

Les investigations d’Anthropic ont identifié le vecteur principal de l’intrusion : un infostealer, type de malware spécialisé dans le vol de données d’identification stockées sur l’ordinateur de la victime. Ce logiciel s’installe souvent à l’insu de l’utilisateur, via des téléchargements contaminés, des publicités malveillantes ou des extensions de navigateur compromises. Une fois présent, il récupère les cookies, jetons d’accès et mots de passe enregistrés, y compris les clés de session Claude.

Le code volé permet ensuite à l’attaquant de générer des tokens OAuth Claude non autorisés et d’utiliser les ressources du compte pour consommer les tokens alloués. Comme le tableau de bord d’Anthropic ne fournit pas d’analyse granulaire de l’usage (seulement le total), les usurpations peuvent passer inaperçues pendant des semaines, surtout si l’utilisateur ne surveille pas quotidiennement son solde de tokens.

Anthropic a précisé que le malware n’est pas lié à l’utilisation directe de Claude ; il s’agit d’une infection externe au produit. La société a donc recommandé aux utilisateurs de vérifier la présence d’infostealers, de mettre à jour leurs systèmes, d’utiliser des gestionnaires de mots de passe sécurisés et de limiter les autorisations accordées aux applications tierces. Cependant, aucune méthode de prévention définitive n’a été communiquée, et le processus de détection reste largement réactif.

Conséquences pour les utilisateurs et réponses d’Anthropic

Le vol de tokens a plusieurs répercussions :

  • Coûts imprévus : les abonnements mensuels peuvent être entièrement consommés en quelques heures, entraînant des facturations inattendues.
  • Interruption de services : les agents IA, intégrés dans les flux de travail quotidiens, deviennent indisponibles, ce qui affecte la productivité des petites entreprises et des freelancers.
  • Perte de confiance : l’absence d’outil d’audit détaillé empêche les utilisateurs de vérifier l’origine de chaque consommation, rendant difficile la distinction entre usage légitime et vol.

En réponse, Anthropic a mis en place plusieurs mesures d’urgence :

  1. Suspension immédiate des comptes suspects et invalidation des tokens OAuth compromis.
  2. Remboursement partiel ou total selon le niveau d’abus constaté.
  3. Envoi d’emails d’avertissement aux clients concernés, les incitant à scanner leurs machines à la recherche d’infostealers.

Malgré ces actions, les critiques persistent. De Swardt a quitté Claude pour Cursor, une plateforme qui supporte plusieurs modèles, y compris des alternatives open source moins coûteuses. Il estime que les performances de ces modèles sont comparables à celles de Claude et que la flexibilité offerte compense le manque de garanties de sécurité d’Anthropic. D’autres utilisateurs, cependant, restent fidèles à Claude, espérant que la société développe bientôt un tableau de bord d’usage détaillé et des alertes en temps réel.

Le débat s’étend au-delà d’Anthropic. La montée en puissance des IA génératives crée de nouveaux vecteurs d’attaque, et les fournisseurs doivent repenser leurs modèles de facturation et leurs outils de surveillance. Une transparence accrue, incluant des logs d’appels API par session et des seuils d’alerte configurables, pourrait devenir un critère de différenciation majeur dans un marché où la confiance est essentielle.

En conclusion, l’incident Claude illustre les risques liés à la dépendance croissante aux services IA basés sur le cloud. Les utilisateurs doivent adopter une posture de cybersécurité proactive, tandis que les fournisseurs comme Anthropic sont appelés à renforcer leurs mécanismes de détection et de reporting. Le Disrupt 2026 offrira sans doute des solutions innovantes pour sécuriser les agents IA, mais la vigilance restera la première ligne de défense contre les vols de tokens et les abus de session.

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